Note:  ce billet est en réaction à un article publié en février sur L’Actualité.com – Nous avons souhaité y répondre pour continuer la conversation sur l’investissement participatif, les startups et l’économie du Québec. 

Bonjour Marc-André,

Tout d’abord, merci d’avoir investi en Ubios! Nous sommes vraiment heureux de savoir que notre succès contribuera à une œuvre de charité. Si nous sommes entrepreneurs, c’est justement pour « changer le monde » et cela constitue pour nous une nouvelle motivation.  Ubios adore les défis!

Parce que oui, nous sommes convaincus de réussir, malgré le haut taux d’échec des nouvelles entreprises. Ubios a développé une solution innovante pour contrer les dégâts d’eau et après plus de 18 mois de travail, nous croyons avoir le plan et les bons partenaires pour en faire un vrai succès. Votre publication du 14 février sur le site web de l’Actualité a soulevé des points intéressants et il nous semblait opportun d’en discuter ensemble, avec vos lecteurs, nos partenaires et ceux qui s’intéressent au développement de l’écosystème de l’innovation au Québec.

Inutile de dire que les investisseurs québécois étaient autrefois en nombre plus que limité…

Comme vous, nous sommes heureux de voir le secteur du capital de risque s’ouvrir et se démocratiser. Nous sommes reconnaissants envers l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui a bien compris que les citoyens du Québec et les entreprises en démarrage d’ici avaient besoin de cette bouffée d’air frais que constitue l’investissement participatif. Auparavant réservé à une poignée d’« anges financiers », que l’AMF apelle « investisseurs accrédités », l’investissement est dorénavant possible sans avoir des revenus annuels de plus de 200 000$ ou d’avoir des actifs financiers de plus d’un million de dollars comme l’exigeait la loi.

Comme vous le signalez, l’investissement dans une startup contient sa part de risques et celui-ci est très bien signalé sur GoTroo à toutes les étapes du processus d’investissement. Mais la notion de risque reste très relative. Depuis 2008, plus personne ne peut se déclarer à l’abri d’un marché qui s’effondre. Il faudrait d’ailleurs demander à ceux qui ont investi dans des compagnies comme Bombardier comment ils perçoivent aujourd’hui le risque, eux qui ont pourtant parfois investi dans des fleurons du Québec Inc et de l’économie mondiale.   Mais comme ceux qui ont perdu en bourse, une éventuelle perte dans un investissement participatif pourrait être éligible à une déduction d’impôts pour perte en capital. Il est recommandé de consulter son comptable pour voir si cela s’applique à votre situation.

Mais il est vrai qu’une startup risque de se planter. Dire le contraire reviendrait à jouer à l’autruche, même si une étude française nous informait, qu’en 2014, on trouvait moins de faillites chez les startups que les autres entreprises… Plus près de nous, le journal Les Affaires rapportait récemment que les chances de survie d’une entreprise incubée augmentaient jusqu’à 80%. Ubios sort justement d’un incubateur, InnoCitéMtl. Par example, FounderFuel signalait dans le même dossier (en version papier seulement) que depuis 5 ans, 12% de ses 60 entreprises incubées ont été vendues, et sont donc des succès, tandis que seulement 17% ont été des échecs! Pas mal pour des entreprises qui ne devaient rien rapporter avant 7 ou 9 ans. Ubios avec ses 18 mois d’activité a déjà en mains d’importants atouts pour réussir!

Ubios a choisi de s’associer à de nouveaux partenaires. Ce que nous vendons aujourd’hui, ce n’est pas le produit  mais bel et bien notre capacité à en tirer un profit.

 En décidant de nous lancer dans l’investissement participatif, nous avons pris une décision importante : celle de partager le risque avec une nouvelle cohorte d’investisseurs. Mais cela inclut tous les risques, y compris celui de faire un bon coup ! Mais malheureusement, c’est impossible dans une campagne de sociofinancement traditionnel. Quand on utilise ces plateformes, perdre un 250$ en précommande dans un KickStarter ou Indiegogo n’est pas rare, mais personne ne parle vraiment des risques s’y rattachant… Pensons à cette litanie de projets trop beaux pour être vrais ou qui ne verront tout simplement pas le jour!

 À l’opposé, les supporteurs des projets n’en partagent pas le potentiel. Par exemple, Oculus Rift, qui a utilisé le sociofinancement comme levier pour finalement se faire acquérir pour 2 milliards de dollars par Facebook, sans retours pour les supporteurs initiaux!

Contrairement à eux, Ubios a choisi de s’associer à de nouveaux partenaires. Ce que nous vendons aujourd’hui, ce n’est pas le produit – bien que nous ayons de plus en plus de clients qui cognent à notre porte – mais bel et bien notre capacité à en tirer un profit. Nos plus de 140 nouveaux partenaires financiers s’ajoutent à des investisseurs institutionnels comme Québecor qui, vous vous en doutez, n’ont pas simplement investi dans une 1re startup par hasard, sans d’abord déterminer si, oui ou non, Ubios avait un potentiel de croissance important.

C’est là où votre article nous a un peu gêné. Comment effectuer un investissement, a fortiori si on le sait risqué, sans que ce ne soit lié à une démarche rigoureuse d’évaluation ?

C’est là où votre article nous a un peu gêné. Comment effectuer un investissement, a fortiori si on le sait risqué, sans que ce ne soit lié à une démarche rigoureuse d’évaluation ? Le monde des startups peut, vu de loin, faire peur et votre article y contribue, même involontairement. Nous espérions lire les prémisses d’une grille d’analyse pour mieux équiper vos lecteurs face à ce nouveau phénomène et permettre à l’écosystème des startups d’ici de se rapprocher de la population.

Comment évaluer une startup et si sa proposition tient la route ? Est-ce qu’elle a un marché ? Est-ce un gadget de plus ou une solution réaliste à un problème réel ? Est-ce que son équipe a ce qu’il faut pour passer à la prochaine étape ? Ces questions sont valables pour Ubios mais aussi pour les entreprises qui se lanceront dans l’investissement participatif après nous.

Depuis le début de notre campagne, des citoyens nous ont posé des questions ou se sont servis d’articles dans les médias pour mieux comprendre ce que nous faisons. Les contraintes de l’Autorité des marchés financiers nous empêchant de divulger l’offre d’investissement ailleurs que sur la plateforme de socio-investissement, difficile pour nous de répondre publiquement à toutes les demandes d’information.

Nous comprenons qu’il peut être difficile pour le grand public de juger du potentiel et de la valeur d’une jeune entreprise, de sa technologie, son plan, son équipe avec un site web et une vidéo de quelques minutes.  Mais il suffit de lever les yeux au ciel et de compter les tours à condos en ville pour comprendre qu’il y a un marché bien réel pour Ubios (Statistique Canada compte 1,2 million d’habitations résidentielles dans des immeubles de 5 étages et plus). En calculant qu’elles ont, en moyenne, 1,42 sinistres liés à l’eau par an, la valeur de la solution Ubios pour les syndicats de copropriétés et leurs assureurs se compte en millions de dollars chaque année.

Si Ubios s’était contenté de développer un thermostat sans jamais l’arrimer aux besoins les plus criants du marché, il y a fort à parier que nous ne serions pas aujourd’hui en train d’en discuter.

Les 133 000$ d’investissement amassés au 8 mars témoignent d’un réel engouement. Au-delà des statistiques générales portant sur le taux de succès ou le temps requis pour l’atteindre, il y a un contexte, un marché et des tendances de fond qui permettent d’apprécier, ou non, un modèle d’affaires. En fait, si Ubios s’était contenté de développer un thermostat sans jamais l’arrimer aux besoins les plus criants du marché, il y a fort à parier que nous ne serions pas aujourd’hui en train d’en discuter.

C’est dans cette optique que notre équipe, formée d’entrepreneurs avec chacun plus d’une quinzaine d’année d’expertise dans leur domaine, travaille d’arrache-pied pour développer une solution innovante arrimée aux besoins d’un marché très précis – les tours à condos sont notre clientèle prioritaire.  Ces propriétaires ont besoin de bonnes nouvelles face à un fléau, les dégâts d’eau, qui ne leur a pas donné de répit depuis une quinzaine d’années.

C’est pourquoi nous accueillons avec joie votre défi: vous faire faire un profit intéressant, au compte d’un organisme de charité.  D’ailleurs, avez-vous déjà décidé à quel organisme vous donnerez ? 🙂

Cordialement,

L’équipe d’Ubios!

Restez connectés avec Ubios

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *